Une chute de hauteur, ça ne pardonne pas

Au cours de ma carrière, des cas de chutes de hauteur, j’en ai vu plusieurs. Que le travailleur soit tombé de haut ou… de très haut, je peux vous dire par expérience que les conséquences de ce type d’accident sont généralement dramatiques.

Parlez-en à Jonathan Plante, un charpentier-menuisier qui, à l’âge de 26 ans, est devenu paraplégique après une chute sur un chantier de construction à Mascouche en 2007. Il était à proximité du vide, sans protection contre les chutes. Il a perdu pied et il est tombé… 3 mètres plus bas, se fracassant le dos. Tout ça parce qu’il a voulu gagner du temps. Parce que les accidents, ce n’était pas pour lui. Et que, tout comme son employeur, il sous-estimait le danger du travail en hauteur.

Heureusement pour Jonathan, son histoire se termine – ou plutôt, se poursuit – bien, grâce à son extraordinaire volonté et à sa soif de vivre. Mais je ne peux pas en dire autant de la majorité des victimes de chute, qui elles, n’ont pas survécu. Je pense ici à cet autre travailleur de la construction, qui, en avril 2014, a chuté mortellement sur un chantier de la région de Lanaudière.

Que s’est-il passé?

Ce jour-là, le travailleur s’affaire avec un collègue à la pose de revêtement sur la toiture d’une maison. Soudainement, il perd l’équilibre, dégringole et chute au sol, 6 mètres plus bas. Son collègue l’entend, appelle à l’aide, et descend du toit. Avec horreur, il découvre l’homme étendu sans vie sur le sol. Aucune protection n’avait été utilisée pour éviter une chute aux conséquences dramatiques. Comme dans le cas de Jonathan. Et de tant d’autres encore...

Mes conseils avant d’entamer des travaux en hauteur

J’aimerais vous dire que ces accidents sont des cas isolés, mais c’est tout le contraire. Chaque année, au Québec, plus de 4 100 travailleurs sont victimes d’une chute de hauteur. Et pas seulement des travailleurs de la construction : tous secteurs confondus!

Pour que vous ne fassiez jamais partie de ces statistiques, voici ce que vous devez savoir si vous êtes assigné à un travail où vous êtes exposé à un danger de chute de plus de 3 mètres (10 pieds) du sol :

  • Votre employeur a l’obligation légale de s’assurer que votre environnement de travail est toujours sécuritaire. Dès que vous êtes exposé à un danger de chute, il doit vous offrir des moyens de protection efficaces vous permettant de travailler en toute sécurité. De votre côté, vous êtes tenu de les utiliser;
  • Ces moyens de protection peuvent prendre différentes formes, comme un appareil de levage de personnes (communément appelé « nacelle »), un garde-corps, un harnais, etc.;
  • Peu importe le moyen choisi, il doit être en excellente condition et vous devez savoir comment l’utiliser. Si ce n’est pas le cas ou si vous avez un doute, n’hésitez pas à en parler à votre employeur.

En terminant, je tiens absolument à vous dire qu’aucune situation ne justifie de mettre votre vie en danger. Vous ne devez jamais, jamais, JAMAIS accepter d’être exposé à un danger de chute. Votre vie est beaucoup trop importante!

Parlez-vous de santé et de sécurité du travail avec votre entourage?

Avez-vous déjà été témoin d’une situation de travail en hauteur qui présentait des risques? Qu’avez-vous alors fait? En avez-vous parlé à votre employeur, avec vos collègues?

Quelles solutions avez-vous apportées pour régler le problème?

Racontez-moi vos histoires. Et posez-moi vos questions. Parce que la santé et la sécurité du travail, c’est le moment d’en parler!

Pour en savoir plus :